La Tessiture du Vent

Mois

août 2010

41 billets

Aug 31, 2010
#jorge semprun #portraits
“Je n’ai pas voulu dire autre chose que ceci : c’est que la littérature est possible seulement au terme d’une première ascèse et comme le résultat de cet exercice par quoi l’individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu’il se construit sa personnalité…” —

Jorge Semprun — L’Écriture ou la vie

Aug 31, 2010
#jorge semprun #citations
Rêverie Sur Ta Venue Jean Louis Trintignant

Jean-Louis Trintignant dit Guillaume Apollinaire — Rêverie sur ta venue, in Poèmes à Lou

Mon Lou mon Cœur mon Adorée
Je donnerais dix ans et plus
Pour ta chevelure dorée
Pour tes doux yeux irrésolus
Pour ta chère toison ambrée

(…)

Ce qu’à la Reine fit Jason
Pour ses tours de sorcellerie
Pour sa magie et son poison
Je te le ferai ma chérie
Quand serons seuls à la maison

Je t’en ferai bien plus encore
L’amour la schlague et cœtera
Un cul sera noir comme un Maure
Quand ma maîtresse arrivera
Arrive ô mon Lou que j’adore

Dans la chambre de volupté
Où je t’irai trouver à Nîmes
Tandis que nous prendrons le thé
Pendant le peu d’heures intimes
Que m’embellira ta beauté

Nous ferons cent mille bêtises
Malgré la guerre et tous ses maux
Nous aurons de belles surprises
Les arbres en fleur les Rameaux
Pâques les premières cerises

Nous lirons dans le même lit
Au livre de ton corps lui-même
- C’est un livre qu’au lit on lit -
Nous lirons le charmant poème
Des grâces de ton corps joli

Nous passerons de doux dimanches
Plus doux que n’est le chocolat
Jouant tous deux au jeu des hanches
Le soir j’en serai raplapla
Tu seras pâle aux lèvres blanches

Un mois après tu partiras
La nuit descendra sur la terre
En vain je te tendrai les bras
Magicienne du mystère
Ma Circé tu disparaîtras

Où t’en iras-tu ma jolie
A Paris dans la Suisse ou bien
Au bord de ma mélancolie
Ce flot méditerranéen
Que jamais jamais on n’oublie

Alors sonneront sonneront
Les trompettes d’artillerie
Nous partirons et ron et ron
Petit patapon ma chérie
Vers ce qu’on appelle le Front

J’y ferai qui sait des prouesses
Comme font les autres poilus
En l’honneur de tes belles fesses
De tes doux yeux irrésolus
Et de tes divines caresses

Mais en attendant je t’attends
J’attends tes yeux ton cou ta croupe
Que je n’attende pas longtemps
De tes beautés la belle troupe
M’amie aux beaux seins palpitants

Et viens-t’en donc puisque je t’aime
Je le chante sur tous les tons
Ciel nuageux la nuit est blême
La lune chemine à tâtons
Une abeille sur de la crème

Aug 30, 201092 notes
#poésie #apollinaire #trintignant #musique
Aug 30, 2010
#apollinaire #portraits
Play
Aug 29, 20107 notes
#anja lechner #gurdjieff #musique #vassilis tsabropoulos #vidéos
Qu'y pouvons nous Helene Martin

Qu’y pouvons-nous ? — Hélène Martin chante Aragon

Et pour l’homme et pour la maison 
Crouler est soudain comme naître…

Une porte qui bat dans la poitrine,
Ou peut-être la toux d’un volet, la bâtisse, 
Le vent, ce cambrioleur s’y hasarde
Ancres, femmes, serpents obscènes
Quels dessins bleus la tatouent ?
On dirait le cheminement par quoi les veines nous lézardent. 

Nous faisons mine d’être ; 
Il suffira qu’on s’appuie aux cloisons
Ou que le joueur irrité se lève, abattant l’édifice,
Et tout le passé meurt, que tombe l’homme ou tombe la maison.
Faut-il croire que l’avenir est le prix de ce sacrifice ?

Aug 22, 20101 note
#hélène martin #aragon #poésie #musique
Aug 21, 20101 note
#bachelard #portraits
“La rêverie… finit au sein d’une eau triste et sombre, au sein d’une eau qui transmet d’étranges et funèbres murmures. La rêverie près de l’eau, en retrouvant ses morts, meurt, elle aussi, comme un univers submergé.” —Gaston Bachelard — L’Eau et les rêves
Aug 21, 2010
#bachelard #citations
Aug 20, 20102 notes
#oscar wilde #portraits
“Death must be so beautiful. To lie in the soft brown earth, with the grasses waving above one’s head, and listen to silence. To have no yesterday, and no to-morrow. To forget time, to forgive life, to be at peace.” —Oscar Wilde — The Canterville Ghost
Aug 20, 201027 notes
#oscar wilde #citations
Aug 19, 20101 note
#gustave doré #styx
Sparsh Debashish Bhattacharya

Sparsh — Debashish Bhattacharya

Aug 18, 201011 notes
#Debashish Bhattacharya #indian classical #musique
Entropie

Où va le monde, à quoi ressemblera la terre qu’habiteront nos descendants ? La notion d’entropie enferme la réponse la plus sûre à ces questions, les plus graves qui soient après celles qui portent sur le sens de la vie et de la mort. Quand on demandait à Einstein quelle était à ses yeux la loi la plus importante de la physique, il répondait: « le second principe de la thermodynamique ». La notion d’entropie est associée à ce second principe.

La thermodynamique a pour objet les effets du travail, de la chaleur et de l’énergie sur un système. C’est, on s’en doute bien, après l’invention de la machine à vapeur que cette branche de la physique s’est développée. 

Complexe dans ses ultimes raffinements, le second principe est aussi l’expression des observations les plus courantes et les plus banales. Un mot d’abord sur le premier principe. Il appartient au langage courant par la formule : rien ne se perd, rien ne se crée. La matière et l’énergie peuvent changer de forme, elles se conservent toujours. L’air que je respire en ferme des atomes que Platon a respirés il y a 2 500 ans et qui entre-temps ont peut-être été incorporés à la substance d’une plante ou d’un animal.

L’énergie peut toutefois se conserver sous diverses formes, sous celle du charbon par exemple ou celle de la chaleur que le charbon dégage dans une machine à vapeur. La différence est importante car sous la forme de la chaleur l’énergie n’est plus disponible pour produire du travail. 

C’est le physicien allemand Clausius qui, en 1865, a forgé le mot entropie. Sadi Carnot, un autre savant dont le nom est associé au second principe avait remarqué quarante ans plus tôt que l’une des caractéristiques de la machine à vapeur c’est qu’elle comporte une partie chaude et une partie froide et que cette différence fait partie des conditions de son fonctionnement. Plus la chaleur monte dans une partie, plus elle tend à se communiquer à l’autre partie. Si son expansion est freinée par une paroi quelconque, il en résultera à l’intérieur une pression qui actionnera une roue.

Ce passage du chaud au froid est un phénomène universel. Si nous déposons une tranche de pain chaude sur une autre froide, elles seront bientôt toutes les deux tièdes, atteignant ainsi l’équilibre. 

Dans une machine à vapeur, une partie du charbon produit un travail, une autre partie se perd en chaleur et cette chaleur tend à se communiquer à ce qui est plus froid autour d’elle. On aura compris que plus la chaleur se disperse, plus il est difficile de lui faire produire du travail. On appelle entropie le processus par lequel l’énergie disponible se transforme en énergie non disponible. Il s’agit d’une grandeur mesurable. « Mesurée en calories, par gramme et par degré, elle est la quantité totale de chaleur ajoutée, divisée par la température ». Comme l’expérience nous le rappelle tous les jours de diverses manières, il s’agit là d’une loi de la nature qui constitue une réponse à la question : Où va le monde ? Il va à l’équilibre, à ce qui pour la matière est l’équivalent de la mort. Et ce processus est irréversible. Le rocher tombé de la montagne n’en fera pas l’escalade de lui-même, l’eau de la mer ne remontera pas les rivières et les chutes, l’énergie que la vie a rassemblée pour l’abandonner à la postérité sous forme de charbon, de pétrole ou de gaz, ne se reconstituera pas d’elle-même après avoir chauffé nos maisons et assuré le déplacement de nos véhicules. 

La dégradation de l’énergie, ou sa transformation en énergie non-disponbile est l’un des aspects sous lequel on peut considérer le second principe. On peut dire aussi, comme nous le rappelle l’exemple de la diffusion de la chaleur, que l’énergie tend à perdre sa concentration, à se disperser. Il suffit d’ouvrir un flacon de parfum pour que l’énergie et l’odeur qu’elle contient se répandent dans toute une pièce. Il est intéressant de noter ce qui se passe alors à l’échelle moléculaire : à l’intérieur du flacon les molécules se heurtent les unes aux autres à rythme effréné : hors du flacon, elles s’entrechoquent mollement jusqu’à ce qu’elles se répartissent également dans leur nouvel espace.

On peut enfin présenter le second principe comme le passage de l’ordre au désordre. Une maison abandonnée à elle-même passe vite de l’ordre au désordre. Il faut ensuite une intervention extérieure accompagnée d’une grande dépense d’énergie pour remettre les choses en place et ainsi ramener l’ordre. Il en est ainsi dans la nature. Compte tenu de ce que nous venons de dire sur la dispersion, faut-il en conclure qu’il y a plus d’ordre dans le flacon où les molécules se déplacent plus vite et s’entrechoquent davantage que dans le grand espace où elles vont à l’équilibre. La réponse est oui. Preuve qu’il faut éviter de prendre le mot ordre dans un sens trop étroit quand on l’associe au second principe. 

Pour mettre en relief le passage de l’ordre au désordre, les êtres vivants constituent un meilleur exemple que le flacon de parfum. Il y a un très haut degré d’ordre dans un être vivant, mais à sa mort, ou bien ses cendres sont dispersées, ou bien « tout va sous terre et entre dans le jeu », comme dit le poète (Paul Valéry). La mort est la fois perte d’ordre, perte de concentration et transformation d’énergie disponible en énergie non-disponible. Elle illustre les trois aspects de l’entropie.

À première vue toutefois, les êtres vivants constituent une exception au second principe. Ils vont en effet du désordre vers l’ordre. Il y a de nombreux éléments constitutifs dans une cellule; il faut que chacun soit à sa place et il faut aussi qu’ils soient liés entre eux- ce qui suppose une forte concentration d’énergie pour que la cellule vive et se reproduise. C’est pourquoi l’on peut dire avec le physicien Shrödinger que la vie est caractérisée par la néguentropie ou entropie négative

N’en concluons pas que le second principe est réfuté par la vie. L’univers auquel il s’applique est un système fermé. Les êtres vivants qui l’habitent, du moins en certaines de ses parties, sont des systèmes ouverts : il y a un échange de matière et d’énergie entre eux et leur environnement. C’est cet échange qui, dans certaines conditions, rend la vie possible. Mais même si elle se reproduit et si l’ordre s’accroît ainsi dans une partie de l’univers, le bilan global est celui que le second principe rendait prévisible : La vie ne peut créer de l’ordre à partir du désordre ambiant qu’au prix d’un accroissement du désordre ambiant global. La vie pollue. Elle est un luxe dans l’univers.

La couleur de la terre vue l’espace et la grisaille des autres planètes nous renvoient à la différence fondamentale entre la matière inanimée et la vie. La couleur de la terre est le signe de l’ordre supérieur dont la vie est capable. La grisaille qui l’entoure nous rappelle la règle générale dans l’univers, l’entropie, à laquelle la vie semble s’opposer, mais qu’elle accroît en réalité.

Entropie und generationengerechtigkeit (L’encyclopédie de l’Agora) — Sandra Hupka

Aug 16, 201015 notes
#entropie #sciences #articles
Aug 16, 20102 notes
#hermann-paul #don quichotte
Aug 15, 20101 note
#eleanor wood
Aug 15, 2010
#Frantz Fanon #portraits
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Aug 14, 20102 notes
#barbara #musique #vidéos
Aug 14, 20101 note
#rené-guy cadou #portraits
La Solitude

Avec une feuille tombée
Avec le trop plein d’un seau
Avec cette lampe aux œufs d’or
Sur la desserte de la neige
Quand il a bien fait froid dehors
Avec une route où s’avance
Un cheval qui n’est pas d’ici
Avec l’enfant glacé tout seul
Dans un autocar de rêve
Avec des villes consumées
Dans le désert de ma mémoire
Un ciel d’épines et de craie
Où le soleil ne vient plus boire
Avec l’idiot désemparé
Devant ses mains qui le prolongent
Et dont le cœur comme une oronge
Suscite un désir de forêt
Avec toi qui me dissimules
Sous les tentures de ta chair
Je recommence le monde

Les Sept Péchés Capitaux — René-Guy Cadou (1949)

Aug 14, 2010
#rené-guy cadou #poésie
Play
Aug 13, 20101 note
#aragon #léo ferré #musique #poésie #vidéos
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