juin 2011
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Je ne chanterai pas le sexe de la femme, la grotte secrète, la source cachée.
La fontaine chanteuse où l’abeille vient boire — et le pas des chevreuils s’y creuse, et le passage des sangliers
Sur l’herbe verte et le cresson.
Je ne dirai ni les oiseaux, ni la vipère, ni la brise qui frise en frissonnant les eaux.
Ni le silence, ni l’obscure transe où l’on égorge les oiseaux. Ni la course égarée des chevaux. Ni la corne cornant les taureaux.
Ni le cri, ni l’envol des corbeaux.
Et ni le marécage où nagent les salamandres parmi les milliers de larves
Et les racines de valériane.
Ni ce lever de l’aube et ce soleil cuisant, ni la tourbe où se plante la lance de l’incandescence
Et la fraicheur du peuplier.
Je ne dirai ni l’incendie de la garrigue, ni le reflux des belles eaux.
Ni le baiser de la méduse, ni l’étreinte des tentacules, ni la langue des roseaux.
Non, je ne dirai pas, femme, ton sexe étroit. Ni la porte dans ses rideaux.
Ni la mer large ouverte à l’espoir de nos plus chers naufrages. Ni ces dents de velours qui nous dévoraient là. Ni ces mains enlacées qui nous ensorcelèrent.
Je ne chanterai pas ton sexe tout puissant.
Marcelle Delpastre
La lune devient faible
Au jour je partirai
Laissant tes reins marqués du sceau de mon désir
Comme une lettre rouge
Mais tu te réveilles
Tu rouvres tes bras
Que sais-tu de l’amour ?
Plus jamais rien ne recommence ni demeure
Et toi ? Levant tes yeux de lait
Je sais tout de l’amour puisque j’en sais pleurer
Je meurs de ton amour
Et si je le perdais
Cet amour dont je meurs
Comment pourrais-je vivre ?
Donne-moi l’orange des joies
Le citron de tes rires
Tombés de collines en collines
Sur les échos de ta gorge
Donne-moi ta bouche
Tes yeux dont la couleur
Pèse d’un poids égal
Le ciel et le sang
Afin qu’une heure encore
Je crois au miraculeux danger de vivre
Dents de velour, chevelure d’ombre
La rose est un coeur noir
L’enfer caché dans un écrin de chair
Je ferai une rose de tous mes désirs
Tu es ce coeur noir qu’elle cache
Puisque de toi je n’attends rien
Sinon la fin du monde
Tu parles ?
Je parle d’amour
Marcelle Delpastre

“J’ai découvert quand j’étais petite que toute chose sur la Terre, vivante ou non, avait une attitude, un message, un geste. Je me disais : “Tout est vivant, il faut faire attention à ce qu’on crée”. Une musique qui ne me plaît pas est une musique ennemie, je la déteste, je la juge. Je me dis : ”Elle essaie de me déprimer cette musique, elle veut me dire que la réalité est comme ça et qu’il n’y a pas de beauté dans ce monde. Elle veut me tirer vers le bas. Elle veut me tuer”. Mais une musiquLiving roade que j’aime est comme la rencontre avec une vie extraterrestre intelligente. Un miracle. “Cette basse est le son du destin, un grognement de la terre, l’approche d’une tempête. Cette guitare est une rivière. Elle est lumineuse, elle est extravertie, elle n’a peur de rien. Cette batterie danse comme un petit soldat coloré. Cette chanson est comme un départ à l’aube, un départ triste, mais les montagnes sont belles. L’air est frais. Ce silence est le silence d’une grande pièce en pierre, vide, avec des rayons de soleil plein de poussière. Cette voix a l’humour d’un bon père qui aime ses enfants. Cette chanteuse a la rage d’une femme qui aime la vie et n’accepte pas qu’elle devienne grise.” De la compassion ! Enfin, de la compassion ! Tu aurais pu détruire, mais tu as crée. Tu aurais pu tuer, mais tu as donné. Tu aurais pu t’écrouler, mais tu t’es levé. Tu aurais pu t’éteindre, mais tu t’es allumé. Tu as fait grandir le cœur de ce monde. Tu as repoussé les murs. Merci.”
Lhasa, La route chante, éditions Textuel musik.
Je suis venu dans ce désert pour rire de ton amour
Car le désert est plus tendre et l’épine m’embrasse mieux
Je suis venu au centre du néant pour hurler
Que tu n’as jamais mérité ce que j’ai tant voulu donner
Je suis venu en courant, en t’oubliant
Embrasse-moi, oiseau,
N’aie pas peur, colibri
Je suis venu enflammé dans ce désert pour brûler
Car l’âme prend feu quand elle cesse d’aimer
Bells are ringing
Ships will be leaving
This was my home
Nothing’s moving nothing is breathing
Bells are ringing
We both know
There’s nothing left to do
But walk out there and go
You could lean your head down
And rest it on my knee
You could tell me a story
That does not end this way
Bells are ringing
We both know
There’s nothing left to do
But walk out there and go
I like to see you from a distance
And just barely believe
And think that
Even lost and blind
I still invented love